Interview mené par mail / Mars-Avril 2005


* Qu'est ce qui vous a motivé à auto-éditer votre travail ?

Des rencontres déterminantes dans le milieu de l'édition indépendante, des encouragements, les exemples édifiants de démarches comparables.

*
Comment procédez-vous pour réaliser votre auto-édition ?

Réaliser notre auto-édition ???
Si je comprends bien le sens de la question, l'auto-édition, dans notre cas, c'est être tout à la fois artiste, éditeur, imprimeur, distributeur (en oublié-je ?).
Le fait que nous soyons en tout et pour tout deux à nous occuper de tout ça rend l'exercice d'autant plus périlleux.
Nous jonglons ainsi  (le plus adroitement possible...) avec des activités hétéroclites, pour ne pas dire hétérogènes, qu'il nous faut mener de front avec la même envie, la même ténacité (ce qui est plus facile à dire qu'à faire...).
Il est entendu qu'échouer dans une de ces activités met en danger toutes les
autres.
L'auto-édition, en d'autres termes, se doit d'être une joyeuse schizophrénie
où l'énergie ne se divise pas mais se conjugue.

*
Quels sont les atouts et les difficultés dans une démarche d'auto-édition ?

Pour faire court, l'auto-édition évoque :
- pour les uns (la majorité ?), les Limbes Artistiques, peuplées de tâcherons à l'agonie ou d'embryons en devenir (êtres qui, on le sait bien, ne trouvent jamais demeure chez les éditeurs confirmés...),
- pour les autres, un potentiel, un Champ d'Investigation d'où émergent (à l'occasion) des artistes libérés de (toute?) contrainte.
Par conséquent :
Atout majeur : la liberté qui, en tant que situation idéale, peut conduire à de singuliers événements, voire de grandes réussites.
Difficulté majeure : la liberté qui, en tant que piège sournois, peut conduire à n'importe quoi et plus généralement pas grand chose.
Atout mineur : être en marge, ce qui octroie parfois un point de vue unique.
Difficulté mineure : être en marge, ce qui équivaut parfois à se retrouver nulle part.

*
Avez vous déjà eu des contacts avec des éditeurs professionnels suite à vos publications ?

Oui.

* A la lumière de vos réponses il est possible que je vous en envoie d'autres plus précises.

Avec plaisir.

[Et quelques jours plus tard...]


* Merci pour ces premières réponses. Voici un deuxième lot de questions si vous voulez bien :
Concernant vos motivations, quelles rencontres et quels exemples vous ont encouragés à vous lancer ?

Certains auteurs-éditeurs indépendants croisés à l'occasion d'Angoulême 2003 dans l'Espace Fanzine, tout au bout de la bulle New-York (par-delà les figurines et les posters), et que nous tenons en partie responsables de la sortie, deux mois plus tard, du
Bicéphale n°1.
L'autoédition américaine (le sublime
Fort Thunder entre autre).
En cas de léger blues, nous allons par exemple faire un tour virtuel sur les sites d'
USS Catastrophe et du Dernier Cri, où des gens, souvent bien différents de nous, savent couper court à nos divagations.
Je pourrais poursuivre le "name-dropping" mais à chacun de trouver les vitamines qui lui correspondent.

*
Aujourd'hui, qu'est ce qui vous pousse à continuer ?

Ce qui nous pousse à continuer ?
La question n'est pas de savoir ce qui nous pousse à continuer, mais ce qui pourrait nous empêcher de continuer (une pointe de découragement parfois et la banqueroute financière que nous touchons toujours du bout de l'index).

*
L'autoédition est-elle pour vous une fin ou un moyen ?

Voir dernière question-réponse.

*
Si quelqu'un souhaite s'auto-éditer, que lui conseilleriez vous pour les aspects purement pratiques ?

Qu'est-ce que c'est, les aspects purement pratiques ?

*
Travaillez vous avec des partenaires pour l'impression et la distribution (imprimeurs, reprographie,boutiques de BD etc) ?

Pas de partenaires officiels, mais certaines personnes sont plus sympathiques et/ou professionelles que d'autres...

*
Pourriez vous préciser les résultats de vos rencontres avec des éditeurs professionnels ?

Pas vraiment de "résultats" quantifiables prêtant à établir de savantes statistiques.
Voir dernière question-réponse.

*
S'agissait-il d'être édités chez eux, ou d'autre chose ?

D'autre chose : des rencontres.
Voir dernière question-réponse.

*
Cela a-t-il abouti, ou devrait-il aboutir ?

Tout ça, c'est notre vie, et nous sommes assez peu pressés qu'elle "aboutisse"...

Mais répondons plutôt à la question qui court depuis le début sans être, nous semble-t-il, clairement énoncée :
A savoir si nous traquons désespérément Messieurs les Éditeurs à la recherche d'un contrat en or qui nous sortirait de l'"Enfer" de l'autoédition, à savoir si nous sommes prêts à tout (et surtout n'importe quoi), à savoir si nos dents labourent les moquettes rases des festivals : sans doute pas.
A savoir si, par principes, nous sommes opposés à toute publication hors du cadre de notre cabane d'édition Bicéphale : sans doute pas non plus.

Notre "plan de carrière" le plus abouti, pour l'instant, c'est :
- de faire découvrir
Les Oculaires, notre dernière publication,
- de nous réjouir de notre participation au Porophore n°10 (sortie prévue en Juin 2005, coédité par Bom Bom Prod et la Boîte à Bulles),
- de finir le Bicéphale n° 10 (prévu pour janvier 2006),
- de poursuivre notre série de strips GrimmVille (une partie prépubliée dans le mensuel bordelais Spirit et le tout en ligne, à raison d'un strip tous les quinze jours, sur notre site à compter du mois de septembre 2005),
- de débuter le Bicéphale 11 (prévu pour Dieu sait quand),
- de progresser dans notre travail,
- de publier et diffuser ledit travail autant que faire se peut.

Si Bicéphale existe encore dans un an, et que quelques personnes de plus ont posé pied dans la cabane (elle n'a pas vocation à attirer les foules), nous serons les plus heureux des businessmen.

[Fin de l'interview]


  Retourner chez les Fondateurs ?